Toutes les études françaises et internationales sur l’éjaculation féminine : compilation 2000-2026

L’éjaculation féminine et les émissions-fontaines (squirt à proprement parler) ont longtemps été entourées de controverses, entre descriptions médicales anciennes, hypothèses anatomiques, tabous et représentations pornographiques. Pourtant, le phénomène fait depuis plusieurs décennies l’objet de recherches cliniques, anatomiques et biochimiques. Cela avance et heureusement !

En France, depuis les années 2000, plusieurs équipes de gynécologie, d’urologie et de sexologie ont contribué à cette littérature, notamment avec des travaux portant sur l’origine du liquide, les glandes para-urétrales (ou prostate féminine) et le rôle de la vessie. L’étude de Salama et ses collaborateurs, publiée en 2015 dans The Journal of Sexual Medicine, constitue notamment l’un des travaux français les plus cités sur le squirting. Une revue publiée par Nicolas Cesson en 2023 est également revenue sur les données scientifiques disponibles et sur les implications cliniques de ces différents phénomènes.

Des laboratoires de biochimie aux tables d’échographie de pointe, que montrent réellement ces recherches ? Comment les scientifiques distinguent-ils l’éjaculation féminine, les émissions-fontaines (la vraie grosse fontaine si je puis dire) et la lubrification vaginale ? Que sait-on de la composition de ces liquides et du rôle des glandes de Skene (la prostate féminine) ?

Ce dossier complet compile 26 ans de recherches, de thèses et d’études cliniques, avec un éclairage particulier sur les travaux menés en France entre 2000 et 2026, pour faire toute la lumière sur la science des femmes fontaine ! C’est parti !

Liquide de squirting dans un tube à essai

Analyse scientifique du liquide émis lors du squirting

Avant les années 2000 : une histoire scientifique déjà longue et controversée

De Reignier de Graaf à Gräfenberg : un phénomène loin d’être nouveau

L’histoire scientifique de l’éjaculation féminine est beaucoup plus ancienne que ne le laisse penser sa médiatisation récente. Des descriptions d’émissions liquidiennes associées au plaisir sexuel apparaissent déjà dans des textes médicaux anciens. Au XVIIe siècle, l’anatomiste néerlandais Reignier de Graaf décrivait déjà des structures glandulaires péri-urétrales qu’il rapprochait de la prostate.

Plusieurs siècles plus tard, Ernst Gräfenberg remet l’éjaculation féminine au goût du jour en publiant en 1950 ses observations sur le rôle de l’urètre dans l’orgasme féminin et sur une zone située sur la paroi antérieure du vagin, devenue célèbre sous le nom de « point G ». Or, la médecine a longtemps regardé ces travaux avec un scepticisme teinté de mépris. Avant les années 2000, l’opinion médicale dominante en France assimilait quasi systématiquement toute émission de liquide pendant l’orgasme à une simple incontinence urinaire d’effort ou à une anomalie vésicale. Les manuels d’anatomie classiques passaient le phénomène sous silence, reléguant les témoignages de femmes au rang de curiosités psychologiques ou de cas cliniques isolés. Quelle tristesse ! Ses travaux ont contribué à relancer les recherches modernes sur les liens entre anatomie urétrale, stimulation de la paroi antérieure et émission de liquide.

Le sujet n’est donc pas celui d’une découverte récente, mais plutôt celui d’un phénomène régulièrement décrit, puis contesté ou réinterprété selon les époques.

Cette évolution a été retracée dans plusieurs travaux de synthèse. En 2010, Korda, Goldstein et Sommer ont publié une revue historique consacrée à l’éjaculation féminine, revenant sur les descriptions médicales du phénomène à travers les siècles. Plus récemment, Rodriguez et ses collaborateurs ont analysé 44 publications consacrées à l’éjaculation féminine, dans une revue publiée en 2021 et couvrant la littérature disponible jusqu’en 2019. Ces travaux montrent que les débats actuels s’inscrivent dans une histoire médicale beaucoup plus ancienne que la seule littérature contemporaine.

Pourquoi le phénomène est-il resté longtemps controversé, en France notamment ?

Le retard apparent de la recherche moderne sur l’éjaculation féminine ne peut pas être attribué à une seule cause. Le sujet a longtemps souffert d’un manque de définitions communes, de petits effectifs dans les études, de difficultés à recueillir les fluides dans des conditions expérimentales et d’une confusion entre plusieurs phénomènes : lubrification, éjaculation féminine, squirting et incontinence coïtale.

Les controverses ont également été alimentées par les représentations culturelles du plaisir féminin et par le fait que les premières descriptions médicales reposaient souvent sur des observations difficiles à reproduire. Les recherches récentes ont progressivement déplacé le débat vers des critères plus objectifs : anatomie, échographie, analyses biochimiques et observation clinique.

Il faut dire que la communauté des urologues manquait d’outils technologiques non invasifs pour analyser en temps réel ce qui se passait dans le bassin d’une femme en plein orgasme. Il aura fallu attendre l’essor de l’imagerie médicale moderne et l’insistance de sexologues cliniciens francophones pour que la science médicale française (notamment) daigne enfin poser ses yeux (et ses éprouvettes) sur un phénomène sexuel très débattu.

La revue publiée en 2021 (lien juste un peu plus haut dans mon article), portant sur 44 publications couvrant la littérature disponible jusqu’en 2019, va dans ce sens en soulignant que les données anatomiques, physiologiques et cliniques modernes étayent l’existence de l’éjaculation féminine, tout en laissant ouvertes plusieurs questions concernant sa composition, ses mécanismes et sa fonction.

L’étude française de 2014-2015 : Salama et al. et le squirting observé par échographie

Le protocole : sept participantes suivies par échographie

L’année 2014 marque un véritable séisme dans la littérature médicale internationale, et la secousse est venue de France. Publiée en ligne en décembre 2014 puis dans The Journal of Sexual Medicine en 2015, l’étude de Samuel Salama et de ses collaborateurs (à retrouver en début d’article) constitue l’un des travaux français les plus connus consacrés au squirting. Ils ont mis en place un protocole expérimental visant à examiner l’origine du liquide. Les chercheurs ont étudié sept femmes se décrivant comme « femmes fontaines », avec pour objectif d’examiner l’origine du liquide émis pendant l’activité sexuelle.

Le protocole reposait notamment sur des échographies réalisées à différents moments afin d’observer l’évolution de la vessie au cours de l’excitation sexuelle et de l’émission :

  1. Une première échographie à l’état de repos sexuel après que les participantes aient volontairement vidé leur vessie.
  2. Une deuxième échographie, en phase d’excitation sexuelle intense, juste avant l’orgasme, donc avant l’émission de liquide.
  3. Une troisième échographie immédiatement après l’émission fontaine.

Les résultats de l’imagerie ont été spectaculaires. Ces observations apportaient un argument important en faveur d’une origine vésicale du squirting. En effet, à l’état de repos, la vessie était parfaitement vide. En phase d’excitation, l’échographie a révélé que la vessie se remplissait à nouveau de manière ultra-rapide. Enfin, juste après l’émission fontaine, la vessie apparaissait totalement vidée. Ces observations apportaient un argument important en faveur d’une origine vésicale de ce précieux liquide, sans toutefois suffire à elles seules à déterminer toute la composition du liquide.

Dès lors, les analyses biochimiques réalisées en parallèle apportent des éléments complémentaires.

Les résultats : urée, créatinine et la preuve du PSA

Mais l’équipe française ne s’est pas arrêtée à l’imagerie. Pour déterminer la nature du liquide émis, les chercheurs ont également réalisé des analyses biochimiques. Les résultats ont mis en évidence la présence d’urée et de créatinine, des substances habituellement retrouvées dans les urines, ainsi que d’autres composants permettant de caractériser le liquide.

Surtout, l’étude a mis en évidence la présence d’antigène prostatique spécifique (PSA) dans le liquide émis chez cinq des sept participantes. Le PSA est un marqueur produit par les tissus prostatiques et, chez la femme, notamment par les glandes para-urétrales de Skene, souvent désignées comme la « prostate féminine ». Sa présence constitue donc un argument en faveur d’une contribution des sécrétions para-urétrales au liquide émis.

Le verdict de l’étude : éjaculation vs Squirting (émission fontaine), deux phénomènes à distinguer

Les travaux de Salama et de ses collaborateurs apportent surtout un élément important concernant le squirting : l’émission d’un volume important de liquide s’accompagne d’une diminution nette du volume de la vessie, tandis que la présence de PSA chez certaines participantes suggère une contribution des sécrétions para-urétrales. L’étude ne permet toutefois pas, à elle seule, de définir l’ensemble des mécanismes de l’éjaculation féminine.

Les recherches ultérieures et les revues de la littérature distinguent généralement deux phénomènes qui peuvent parfois être associés au cours d’une même expérience sexuelle :

  • L’éjaculation féminine stricto sensu, caractérisée par l’expulsion d’une très faible quantité de liquide épais et opaque, provenant des glandes para-urétrales ou glandes de Skene, dans lequel du PSA peut être détecté.
  • L’émission fontaine (ou squirting), qui implique l’expulsion d’un volume de liquide fluide beaucoup plus important, d’origine vésicale (la vessie), mais chimiquement modifié par les sécrétions de ces mêmes glandes. Les analyses montrent toutefois que ce liquide peut également contenir du PSA et d’autres composants provenant des sécrétions para-urétrales.

Cette distinction est importante, car les termes « éjaculation féminine » et « squirting » sont souvent employés comme des synonymes dans le langage courant. La littérature scientifique tend pourtant à les distinguer sur la base du volume, de l’origine du liquide et de sa composition.

La trinité des fluides selon l’Observatoire Francophone de la Sexologie

Afin de mieux distinguer les différents liquides pouvant être observés pendant l’activité sexuelle, on peut schématiquement les répartir en trois catégories : la lubrification vaginale, l’éjaculation féminine et le squirting.

Type de fluide Origine Anatomique Caractéristiques Volume Moyen
Lubrification vaginale (Cyprine) Transsudation vaginale + sécrétions glandulaires (Glandes de Bartholin) Mucus, eau, protéines Quelques gouttes à millilitres
Éjaculation féminine Glandes de Skene (Prostate féminine) PSA détectable Micro-gouttes (moins de 1 ml)
Émission Fontaine (squirting) Vessie (via stimulation de la zone antérieure du vagin) Urine très diluée, urée, traces de PSA De 10 ml à plus de 150 ml (voir bien plus)

Au final, vous l’avez compris, pour coller à la littérature scientifique, il faudrait abandonner le terme éjaculation féminine pour les gros jets et donc parler de squirting ou émission fontaine mais dans les esprits, éjaculation féminine = grosse fontaine donc on gardera ce terme, c’est ce que je fais d’ailleurs sur mon blog. Gardez quand même bien cette distinction à l’esprit afin de bien comprendre ce qu’est réellement l’éjaculation féminine au final.

La cyprine (lubrification vaginale issue des glandes de Bartholin)

La cyprine désigne le liquide associé à la lubrification qui apparaît au cours de l’excitation sexuelle. Elle provient principalement de la transsudation de liquide à travers les parois vaginales, à laquelle peuvent s’ajouter les sécrétions des glandes vestibulaires, notamment les glandes de Bartholin situées de part et d’autre de l’entrée du vagin.

Sa composition et son abondance peuvent varier considérablement selon les femmes et selon le niveau d’excitation. Elle participe notamment à réduire les frottements et à faciliter les rapports sexuels. Contrairement à l’éjaculation féminine et au squirting, elle ne correspond pas à une émission provenant directement des glandes para-urétrales ou de la vessie.

L’éjaculation prostatique micro-gouttelette (Glandes de Skene)

Cette émission d’une petite quantité de liquide provient directement des glandes para-urétrales, les glandes de Skene, souvent qualifiées de « prostate féminine » en raison de leurs caractéristiques anatomiques, embryologiques et biochimiques. On pourrait presque faire une analogie avec l’éjaculation des hommes.

Lors de l’excitation sexuelle ou de l’orgasme, ces glandes peuvent libérer leurs sécrétions par de petits orifices situés à proximité du méat urétral. Le liquide est généralement décrit comme plus épais et blanchâtre que celui observé lors d’un squirting, et le PSA peut y être détecté.

Le volume émis est généralement faible et peut passer complètement inaperçu. Cette émission ne doit donc pas être confondue avec le squirting, qui correspond habituellement à l’expulsion d’un volume beaucoup plus important de liquide principalement vésical.

L’émission fontaine ou « Squirting » (volume massif d’origine vésicale)

C’est le phénomène le plus spectaculaire et c’est tout ce qu’on aime. Il s’agit d’un jaillissement soudain d’un liquide clair et aqueux, dont l’odeur peut être faible (voir inexistante).

Plusieurs travaux ont par ailleurs associé le phénomène à la stimulation du complexe clitorido-urétro-vaginal, en particulier de la région antérieure du vagin et des structures péri-urétrales. C’est bien pour ça que sur mon blog, je vous répète qu’il faut stimuler le point G dans le vagin, côté ventre.

Comme je vous disais plus haut dans mon article, les études d’imagerie, notamment les travaux de Salama et de ses collaborateurs, montrent une augmentation du remplissage de la vessie pendant l’excitation sexuelle. Le liquide traverse ensuite l’urètre lors de l’émission et peut contenir des composants provenant des glandes de Skene, notamment du PSA. S’ensuit alors une diminution nette du volume de la vessie après l’émission, ce qui constitue un argument en faveur d’une origine principalement vésicale (ce que je vous ai exposé il y a quelques instants).

Le squirting ne doit donc pas être présenté comme une simple « fuite d’urine » ni comme un liquide entièrement distinct des urines : les données disponibles suggèrent plutôt un liquide d’origine vésicale dont la composition peut être modifiée par les sécrétions des glandes para-urétrales.

Ce phénomène est-il si rare que ça au final ?

Prévalence et statistiques : combien de femmes sont concernées ?

Des estimations très variables selon les études

Il est difficile de donner un chiffre unique concernant la fréquence de l’éjaculation féminine et du squirting. Les études disponibles utilisent des définitions, des méthodes de recrutement et des questionnaires différents, ce qui explique en partie l’écart important entre les estimations. La revue publiée par Nicolas Cesson en 2023 (lien en début d’article) fait justement le point sur les données disponibles et souligne la nécessité de distinguer les différents phénomènes d’émission liquidienne.

Une revue systématique publiée en 2013 rapportait une prévalence de l’éjaculation féminine comprise entre 10 % et 54 % selon les études analysées. Cette large fourchette doit toutefois être interprétée avec prudence encore une fois : les travaux recensés reposaient sur des méthodes et des définitions variables, des déclarations subjectives et les phénomènes d’éjaculation féminine, de squirting et d’incontinence coïtale pouvaient notamment être confondus.

Il faut donc considérer le chiffre de 10 à 54 % comme une fourchette rapportée dans la littérature scientifique, et non comme la proportion exacte de femmes qui sont « femmes fontaines ». Il ne permet pas non plus, à lui seul, d’estimer combien de femmes pratiquent le squirting de manière régulière.

C’est là que je me dis qu’il y a énormément de femmes qui ne connaissent pas encore ce plaisir ultime. Tout reste encore à faire !

Les volumes émis : du simple stigmate au flot supérieur à 150 ml

Les urologues français soulignent une immense variabilité interindividuelle concernant la quantité de liquide expulsée. Dans la majorité des cas d’éjaculation prostatique pure, le volume de fluide n’excède pas un millilitre. En revanche, dans le cas des émissions fontaines, la quantité moyenne mesurée lors des études cliniques oscille entre 30 et 80 ml.

Deux études scientifiques majeures sont très souvent citées dans les publications de l’Association Française d’Urologie :

  • L’étude internationale de Wimpissinger et al. (International online survey: female ejaculation) : c’est l’étude apportant des données sur les volumes rapportés. Parmi les 320 participantes, 29,1 % rapportaient un volume d’environ 60 ml, 15,3 % environ 150 ml et 25,3 % plus de 150 ml. L’étude montre ainsi une importante variabilité des volumes déclarés. Vous trouverez une synthèse complète qui cite ces travaux sur ce site médical.
  • L’étude clinique par échographie de Salama et al. (2014) (Nature and Origin of “Squirting” in Female Sexuality) : c’est l’étude menée en laboratoire sous échographie que nous avons détaillée dans mon article.

La revue/meta-analyse 2026 est aussi particulièrement intéressante ici : elle rapporte pour le squirting une médiane de 60 ml, avec une amplitude de 15 à 900 ml dans les études incluse.

Bref, l’émission fontaine ou squirting, cela décoiffe !

L’évolution de l’approche psychologique et clinique (2015-2026)

Du diagnostic erroné d’incontinence urinaire à la libération sexuelle

L’un des principaux changements apportés par les recherches récentes concerne moins la découverte d’un nouveau phénomène que la manière de le définir et de le distinguer d’autres émissions liquidiennes. Pendant longtemps, les différents liquides expulsés pendant l’excitation ou l’orgasme ont été regroupés sous le terme d’« éjaculation féminine », alors que les travaux plus récents distinguent davantage l’éjaculation féminine, le squirting et l’incontinence coïtale. Je le répète car c’est important de bien l’intégrer.

Une revue française consacrée aux femmes fontaines soulignait déjà en 2015 la difficulté à différencier ces phénomènes et le nombre encore limité de publications scientifiques. Elle examinait notamment l’origine du liquide, sa composition, la possibilité d’une confusion avec l’incontinence urinaire ainsi que le vécu psychologique des femmes concernées. Cette revue française de 2015 constitue ainsi un bon point de comparaison avec les synthèses plus récentes.

La décennie 2015-2026 a donc contribué à faire évoluer l’approche clinique du phénomène, en France notamment. Les émissions de liquide pendant les rapports sont aujourd’hui davantage étudiées comme des phénomènes pouvant avoir des mécanismes différents, plutôt que d’être systématiquement assimilées à une incontinence urinaire. Les travaux récents ont également contribué à mieux informer les femmes concernées et à réduire la confusion entre émission physiologique liée à l’activité sexuelle et véritable incontinence coïtale.

Ce changement de regard est important sur le plan psychologique : une émission de liquide pendant un rapport ne constitue pas, en elle-même, un signe de pathologie ou de perte de contrôle. Elle peut faire partie de la réponse sexuelle, tandis qu’une véritable perte urinaire relève d’un mécanisme urologique différent et peut nécessiter une évaluation médicale. La revue systématique consacrée à l’éjaculation féminine et à l’incontinence coïtale (de 2013; lien plus haut dans mon article) constitue à ce titre une référence utile pour comprendre cette distinction.

Le rôle clé du complexe clitorido-urétro-vaginal et du « lâcher-prise »

Les recherches anatomiques ont également contribué à déplacer le regard vers les interactions entre le clitoris, l’urètre, les glandes para-urétrales et la paroi vaginale antérieure. Cette organisation est parfois décrite sous le terme de « complexe clitorido-urétro-vaginal » (CUV), notamment à partir de travaux anatomiques et d’imagerie consacrés aux rapports entre ces différentes structures. Les travaux pionniers en imagerie 3D de l’urologue Dr Helen O’Connell ont notamment contribué à mieux documenter l’anatomie du clitoris et ses relations avec les structures voisines. Ils montrent que le clitoris, le vagin et l’urètre sont étroitement liés sur le plan anatomique et ne doivent pas être considérés comme des structures totalement indépendantes.

Les études cliniques suggèrent que l’expérience de l’éjaculation féminine ou du squirting peut être influencée par des facteurs à la fois anatomiques et psychologiques. La proximité entre le clitoris, l’urètre et la paroi vaginale antérieure peut notamment participer aux sensations et aux mécanismes impliqués, tandis que le niveau d’excitation, la détente et le sentiment de sécurité peuvent également influencer l’expérience sexuelle.

Le « lâcher-prise » est d’ailleurs souvent décrit comme une dimension importante du vécu des femmes qui expérimentent le phénomène. Cette notion peut être rapprochée du modèle du double contrôle de la réponse sexuelle, développé notamment par Janssen et Bancroft, qui décrit l’équilibre entre les mécanismes d’excitation et d’inhibition sexuelle. L’anxiété, la peur ou la crainte de perdre le contrôle peuvent ainsi favoriser l’inhibition de la réponse sexuelle, tandis qu’un sentiment de sécurité et de détente peut faciliter l’excitation.

Il ne s’agit pas pour autant d’affirmer que le lâcher-prise constitue un « bouton » physiologique déclenchant systématiquement le squirting. Les données scientifiques disponibles ne permettent pas d’établir une relation aussi directe. En revanche, cette dimension psychologique peut avoir toute sa place dans l’expérience sexuelle : se sentir en sécurité, ne pas craindre une éventuelle émission et apprendre à relâcher progressivement les tensions peuvent favoriser une meilleure écoute des sensations corporelles. Je le mets d’ailleurs en place dans ma formation et je vous en parle souvent sur mon blog.

Le vécu psychologique : entre plaisir, surprise et gêne

Pour développer ce que je vous disais il y a un instant, le vécu des femmes concernées (femmes fontaines en l’espèce) est lui aussi devenu un objet de recherche. Les études qualitatives et les enquêtes récentes montrent que l’émission peut être vécue positivement, mais qu’elle peut également provoquer surprise, gêne ou peur, notamment lorsqu’une femme pense avoir uriné pendant un rapport.

Une étude suédoise publiée en 2024 auprès de 1 568 femmes illustre cette diversité des expériences : parmi les participantes de cette étude ayant déclaré avoir déjà vécu une émission de liquide, 77 % la décrivaient principalement comme une sensation positive, tandis que 28 % rapportaient avoir ressenti du choc ou de la honte lors de leur première expérience et 26 % avaient pensé avoir uriné.

Ces résultats montrent surtout que le vécu dépend fortement des représentations que les femmes ont de ce phénomène. Dès lors, cette étude de 2024 sur le vécu des femmes apporte ainsi un éclairage complémentaire aux travaux strictement anatomiques et biochimiques.

Conclusion et perspectives : où en est la recherche en 2026 ?

Ce que la recherche nous apprend

En 2026, fort heureusement, l’éjaculation féminine et le squirting ne sont plus seulement des phénomènes quasi paranormaux décrits à travers des témoignages ou des représentations culturelles : plusieurs décennies de travaux anatomiques, cliniques, échographiques et biochimiques ont permis de mieux documenter les mécanismes associés à ces émissions.

Toutes ces recherches ont notamment permis de mieux distinguer deux phénomènes, l’éjaculation féminine et le squirting (ce qu’on a pu analyser dans mon article).

Cette distinction ne signifie pas que toutes les questions sont définitivement résolues. Les études restent relativement peu nombreuses, les effectifs sont souvent réduits et les définitions utilisées ne sont pas toujours homogènes. La prévalence exacte, les mécanismes précis de déclenchement et les fonctions physiologiques éventuelles de ces émissions restent notamment difficiles à établir avec certitude.

La recherche récente s’intéresse également davantage au vécu des femmes. Les données disponibles montrent que ces émissions peuvent être vécues comme une expérience positive, mais aussi susciter gêne, honte ou inquiétude lorsqu’elles sont interprétées comme une fuite urinaire. Et comme toujours, les représentations pornographiques du squirting peuvent en outre contribuer à créer des attentes irréalistes concernant le volume, la fréquence ou la relation avec l’orgasme.

Et la suite ?

Les perspectives de recherche restent donc nombreuses. Les travaux futurs devront notamment préciser les mécanismes physiologiques qui interviennent dans ces émissions, mieux comprendre les interactions entre les glandes para-urétrales, l’urètre, la vessie et les structures clitoridiennes, et déterminer pourquoi les volumes et les expériences varient autant d’une femme à l’autre. Le rôle éventuel des facteurs hormonaux, notamment de la testostérone et de l’ocytocine, constitue également une piste intéressante, mais il ne peut pas être présenté aujourd’hui comme une explication établie du phénomène.

En 2026, le principal enseignement de la littérature scientifique n’est donc pas que tous les mystères des femmes fontaines ont été résolus, mais que le phénomène peut désormais être étudié avec des outils beaucoup plus précis. Échographie, analyses biochimiques, anatomie et études du vécu sexuel permettent progressivement de remplacer les oppositions simplistes — « urine ou éjaculation », « mythe ou réalité » — par une compréhension plus nuancée de la physiologie féminine.

Toutes ces données invitent surtout à considérer les émissions féminines comme une possibilité physiologique parmi d’autres de la réponse sexuelle, sans en faire une norme ni une condition du plaisir ou de l’orgasme.

Foire Aux Questions (FAQ)

Question : quelle est la composition du liquide de l’éjaculation féminine selon la science ?

Réponse : les études scientifiques françaises, notamment celle de 2014 [Salama & Devaux], prouvent que le liquide des femmes fontaines provient de la vessie mais est chimiquement modifié. Il contient de l’Antigène Prostatique Spécifique (PSA) et du fructose issus des glandes de Skene, ce qui le distingue d’une urine classique.

Si l’on veut être carré, attention au final à ne pas parler d’éjaculation féminine. La bonne question devrait donc être la suivante : quelle est la composition du liquide de l’émission fontaine ou squirting selon la science ?

Question : quelle est la différence entre la cyprine, le squirting et l’éjaculation féminine ?

Réponse : la cyprine est un liquide transparent qui lubrifie le vagin lors de l’excitation. L’éjaculation féminine est l’expulsion d’une quantité minime (moins de 1 ml) d’un fluide épais produit par la prostate féminine (glandes de Skene). Le squirting (émission fontaine) est le jaillissement massif d’un liquide clair et aqueux d’origine vésicale. Cela fait d’ailleurs écho à la question numéro 1 de ma FAQ.

Question : est-ce normal de ne pas réussir à éjaculer ou à être femme fontaine ?

Réponse : oui, c’est totalement normal. La fréquence de l’éjaculation féminine et du squirting varie considérablement selon les études et les définitions utilisées. Les données disponibles ne permettent pas d’établir une proportion précise de femmes qui émettent régulièrement du liquide. Ne pas éjaculer ou ne pas être femme fontaine n’est en aucun cas un problème, ni une preuve d’un manque de plaisir ou d’un orgasme moins intense.

Éjaculer, c’est juste un gros plus si je puis dire, associé à des sensations dingues, on ne va pas se mentir !

Ma méthode pour vous permettre vous aussi de squirter

Vous l’avez compris à travers ces décennies de recherches médicales : devenir femme fontaine n’a rien d’un miracle génétique ou d’un don réservé aux actrices de films X. C’est une simple question d’alignement anatomique et de déblocage psychologique. Si la science a enfin compris comment actionner ce fameux commutateur nerveux, j’ai condensé toute cette expertise dans un programme pas à pas. Ma méthode exclusive pour apprendre à squirter a été précisément conçue pour vous donner les clés pratiques de ce lâcher-prise et de la stimulation du complexe clitorido-urétro-vaginal.

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